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· 13 min de lecture · Ilyas Baba

EQT Private Equity : comprendre le fonds et préparer sa candidature

EQT Private Equity expliqué aux étudiants et jeunes diplômés : stratégie d’investissement, logique LBO, critères de sélection et préparation aux entretiens.

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EQT Private Equity : comprendre le fonds et préparer sa candidature

EQT Private Equity est l’activité de capital-investissement d’EQT, un gestionnaire d’actifs alternatifs international issu de la tradition industrielle nordique. Pour un étudiant ou jeune diplômé visant le private equity, le M&A, le leveraged finance ou le transaction services, EQT est un cas particulièrement utile : le fonds combine une logique financière de LBO avec une forte attention portée à la transformation opérationnelle des entreprises en portefeuille.

Préparer une candidature chez EQT ne consiste donc pas seulement à connaître les définitions d’EBITDA, de TRI ou de dette nette. Il faut comprendre comment un investisseur choisit une cible, formule une thèse d’investissement, accompagne le management et cherche à générer un rendement à la sortie.

EQT Private Equity : quel est son positionnement ?

EQT est un acteur mondial des actifs alternatifs, coté à Stockholm, dont l’histoire remonte aux années 1990. Son activité couvre plusieurs classes d’actifs, dont le private equity, l’infrastructure, la croissance, les sciences de la vie, le crédit et l’immobilier selon les stratégies et les véhicules.

Lorsqu’un candidat parle d’« EQT Private Equity », il doit surtout distinguer les activités d’investissement dans des entreprises non cotées des autres stratégies du groupe. Le private equity vise l’acquisition, le développement et la cession de sociétés, généralement avec une participation de contrôle ou une influence significative sur la gouvernance.

Le positionnement d’EQT repose notamment sur trois idées.

Une approche sectorielle et internationale

EQT analyse des entreprises dans plusieurs régions, notamment en Europe, en Amérique du Nord et dans certaines zones d’Asie-Pacifique. Ses équipes s’intéressent souvent à des secteurs bénéficiant de tendances structurelles : logiciels et digitalisation, santé, services aux entreprises, technologies industrielles, éducation ou consommation spécialisée.

Cette orientation implique une attente claire en entretien : tu dois être capable de relier une entreprise à son marché. Une réponse technique sur la valorisation ne suffit pas si elle n’explique pas pourquoi le business peut croître, défendre ses marges et attirer un acquéreur dans quelques années.

Par exemple, pour une société de logiciels B2B, le candidat devra s’intéresser à la récurrence des revenus, au taux de rétention, au potentiel de hausse des prix, à la concentration clients et au coût d’acquisition commercial. Pour une entreprise industrielle, il faudra davantage examiner les capacités de production, les investissements nécessaires, l’exposition aux matières premières, le besoin en fonds de roulement et le risque de cyclicité.

Une logique de transformation opérationnelle

Un fonds de private equity ne crée pas de valeur uniquement en utilisant de la dette. EQT est particulièrement associé à une approche active de l’actionnariat, avec un travail sur les priorités stratégiques, la croissance internationale, la digitalisation, les acquisitions complémentaires ou l’amélioration de l’organisation.

Cela ne signifie pas qu’un investisseur peut transformer n’importe quelle société. La qualité du business initial reste déterminante. Un candidat doit donc être prudent face aux plans de création de valeur trop ambitieux.

En étude de cas, il est utile de séparer les initiatives en trois catégories :

  • les leviers déjà visibles, comme une hausse de prix documentée ou une pénétration commerciale encore faible ;
  • les leviers réalisables mais exigeant des investissements, comme l’ouverture d’un nouveau pays ;
  • les leviers incertains, comme une diversification vers un marché totalement nouveau.

Cette distinction montre que tu sais hiérarchiser les hypothèses au lieu de présenter un business plan optimiste par défaut.

Des stratégies adaptées à différents stades de maturité

Le private equity classique s’adresse souvent à des entreprises déjà rentables, disposant d’un EBITDA significatif et d’une capacité à générer du cash-flow. Le fonds peut alors financer une partie du prix d’acquisition par dette, dans le cadre d’un LBO.

D’autres stratégies d’EQT peuvent s’intéresser à des sociétés à plus forte croissance ou à des entreprises en développement. Pour un candidat, l’enjeu est de ne pas appliquer mécaniquement la même grille d’analyse à tous les actifs.

Une entreprise mature de services récurrents sera surtout évaluée sur sa résilience, ses marges, sa génération de cash et sa capacité de désendettement. Une entreprise technologique en croissance sera davantage analysée à travers son marché adressable, son taux de croissance, sa rétention clients, son modèle économique et sa trajectoire vers la rentabilité.

Comment raisonner comme un investisseur chez EQT ?

Un investisseur ne se demande pas uniquement : « cette société est-elle bonne ? ». Il se demande surtout : « cette société peut-elle générer un rendement attractif au prix demandé, malgré ses risques, sur une période de détention donnée ? »

Cette réflexion repose sur une thèse d’investissement structurée.

1. Comprendre le business model

Avant de parler de multiple ou de financement, il faut identifier ce qui produit réellement le cash-flow.

Les questions fondamentales sont les suivantes :

  • Quels produits ou services génèrent le chiffre d’affaires ?
  • Les revenus sont-ils récurrents, contractuels ou ponctuels ?
  • Quelle est la base de clients et quel est son niveau de concentration ?
  • D’où vient la croissance historique ?
  • L’entreprise possède-t-elle un avantage concurrentiel défendable ?
  • Quel poste de coûts est susceptible de dégrader la marge ?
  • Quels investissements sont nécessaires pour maintenir l’activité ?

Un bon candidat évite les réponses abstraites. Dire qu’une société possède « une forte barrière à l’entrée » n’est utile que si tu expliques laquelle : technologie propriétaire, coûts de changement élevés pour les clients, réglementation, densité logistique, marque reconnue ou réseau de distribution difficile à reproduire.

2. Évaluer les leviers de création de valeur

Dans un LBO, le rendement des actionnaires peut venir de quatre grandes sources :

  1. la croissance du chiffre d’affaires ;
  2. l’amélioration de la marge EBITDA ;
  3. le désendettement grâce au cash-flow ;
  4. l’évolution du multiple de valorisation à la sortie.

Les trois premiers leviers sont en partie liés à l’exécution du plan d’affaires. L’expansion du multiple de sortie dépend davantage du marché et doit donc être traitée avec prudence.

Les analyses du Global Private Equity Report 2025 de Bain soulignent l’importance de la discipline sur le prix d’entrée, la création de valeur opérationnelle et le financement. Pour un entretien, la conséquence est simple : une thèse d’investissement solide doit rester défendable avec un multiple de sortie stable, voire légèrement inférieur au multiple d’entrée.

3. Identifier les risques avant de défendre le rendement

L’erreur fréquente d’un étudiant consiste à présenter uniquement les points positifs d’une cible. Un investisseur crédible cherche aussi ce qui peut faire échouer l’opération.

Les risques récurrents incluent notamment :

  • une concentration excessive sur quelques clients ;
  • une croissance historique difficile à reproduire ;
  • une forte dépendance à un fondateur ou à une équipe commerciale ;
  • des besoins de capex sous-estimés ;
  • un besoin en fonds de roulement qui augmente avec l’activité ;
  • une pression concurrentielle sur les prix ;
  • une dette trop élevée par rapport à la volatilité des cash-flows.

La bonne méthode consiste à associer chaque risque à une question de due diligence. Si une société dépend de cinq clients principaux, il faut analyser la durée des contrats, les taux de renouvellement, les clauses de résiliation et les alternatives offertes aux clients.

Les notions techniques incontournables en entretien

Les entretiens en private equity peuvent comporter des questions comptables, des exercices Excel, des études de cas ou une discussion autour d’une entreprise cotée. Les fondamentaux doivent être maîtrisés sans hésitation.

Enterprise Value et Equity Value

L’Equity Value, ou valeur des fonds propres, représente la valeur revenant aux actionnaires. L’Enterprise Value, ou valeur d’entreprise, représente la valeur de l’activité indépendamment de la manière dont elle est financée.

Dans une approche simplifiée :

Enterprise Value = Equity Value + dette nette

La dette nette correspond généralement à la dette financière diminuée de la trésorerie disponible. En pratique, le pont entre Enterprise Value et Equity Value peut aussi intégrer les intérêts minoritaires, les participations associées, les provisions, les engagements locatifs ou d’autres éléments selon la transaction.

Les intérêts minoritaires sont particulièrement importants. La capitalisation boursière ne représente que les actions détenues par les actionnaires de la société mère. Or, si l’EBITDA consolidé inclut une filiale qui n’est pas détenue à 100 %, il faut ajuster la valeur d’entreprise pour préserver la cohérence entre numérateur et dénominateur.

Les multiples de valorisation

Le multiple EV/EBITDA est très utilisé en private equity. Il permet de comparer des entreprises ayant des structures de capital différentes, car l’EBITDA est calculé avant intérêts financiers.

Mais un multiple n’est jamais une conclusion. Il reflète une opinion sur la croissance, la qualité des marges, la récurrence des revenus, les besoins d’investissement et les risques.

Une entreprise de logiciels avec des revenus récurrents et un fort taux de rétention peut justifier un multiple élevé. À l’inverse, une société cyclique, dépendante d’un petit nombre de clients et très consommatrice de capex mérite souvent une décote.

L’EV/chiffre d’affaires peut être utile pour des entreprises encore peu rentables. L’EV/EBIT est pertinent lorsque les amortissements reflètent une réalité économique importante, notamment dans les secteurs industriels à forte intensité capitalistique.

La mécanique LBO

Un modèle LBO comprend habituellement :

  1. le prix d’acquisition ;
  2. le multiple d’entrée ;
  3. les sources de financement, dette et fonds propres ;
  4. les projections de chiffre d’affaires, EBITDA, capex et besoin en fonds de roulement ;
  5. le cash-flow disponible pour rembourser la dette ;
  6. la valeur de sortie ;
  7. le calcul du TRI et du MOIC.

Le MOIC mesure combien de fois le fonds récupère son investissement initial. Le TRI mesure le rendement annualisé. Deux investissements peuvent produire le même MOIC, mais celui qui génère ce rendement plus rapidement aura un TRI plus élevé.

Le raisonnement LBO fonctionne souvent à rebours. L’investisseur fixe un rendement cible, formule des hypothèses sur l’évolution de l’entreprise et le financement, puis calcule le prix maximum qu’il peut payer. C’est la logique du backsolving : la valorisation est déterminée par le rendement attendu et non uniquement par une moyenne de multiples de marché.

Comment préparer une candidature chez EQT ?

Une candidature pertinente doit montrer que tu comprends la différence entre conseiller une transaction et investir du capital.

Le M&A prépare bien à l’analyse des entreprises, aux méthodes de valorisation et aux processus de vente. Le transaction services développe une lecture critique de l’EBITDA, de la dette nette et du besoin en fonds de roulement. Le leveraged finance apporte une connaissance utile de la dette. Ces expériences constituent des passerelles crédibles vers le private equity.

Cependant, le recruteur cherchera aussi à savoir si tu apprécies réellement le métier d’investisseur. Il faut donc expliquer pourquoi tu souhaites suivre une entreprise après l’acquisition, discuter avec le management, tester les risques du business plan et participer aux décisions d’investissement.

Préparer une réponse spécifique à EQT

Une réponse convaincante peut s’articuler autour de trois éléments :

  • l’intérêt pour un investisseur international, présent sur plusieurs marchés et secteurs ;
  • l’attrait pour une approche combinant analyse financière et création de valeur opérationnelle ;
  • la volonté de travailler sur des entreprises dont le développement peut être suivi pendant plusieurs années.

Avant un entretien, il est utile d’étudier les investissements annoncés récemment par l’équipe ciblée. Il faut lire les communiqués d’acquisition et de cession, identifier le secteur, la géographie, le modèle économique de la participation et la logique stratégique évoquée.

L’objectif n’est pas de réciter un portefeuille. Il est plus utile de pouvoir dire : « Cette transaction semble intéressante car l’entreprise bénéficie de revenus récurrents et d’un marché fragmenté, mais il faudrait vérifier la concentration clients et le niveau de capex nécessaire à la croissance. »

Questions à maîtriser

Prépare notamment les questions suivantes :

  • Pourquoi le private equity après une expérience en M&A ou transaction services ?
  • Présente une entreprise que tu souhaiterais acquérir.
  • Quel multiple serais-tu prêt à payer et pourquoi ?
  • Quels sont les trois principaux risques de l’investissement ?
  • Comment la dette affecte-t-elle le rendement des actionnaires ?
  • Que se passe-t-il si le multiple de sortie baisse de 1,0x ?
  • Quelle différence fais-tu entre croissance de l’EBITDA et génération de cash-flow ?

La meilleure réponse est structurée, prudente et chiffrée lorsque les données sont disponibles. Elle distingue clairement les faits, les hypothèses et les points qui nécessiteraient une due diligence.

Les erreurs à éviter

La première erreur est de présenter la dette comme le principal moteur de création de valeur. La dette peut amplifier le rendement, mais un mauvais actif acheté trop cher reste un mauvais investissement.

La deuxième consiste à confondre EBITDA et cash-flow. Une entreprise peut afficher une croissance rentable en apparence tout en consommant beaucoup de trésorerie à cause du capex, du besoin en fonds de roulement ou des impôts.

La troisième erreur est d’arriver avec une réponse générique sur EQT. Un candidat doit connaître les équipes auxquelles il postule, les stratégies concernées et quelques transactions ou secteurs pertinents.

Enfin, il faut éviter de surjouer la certitude. En private equity, savoir identifier une zone d’incertitude et expliquer comment la tester constitue souvent un meilleur signal que défendre une hypothèse fragile avec excès de confiance.

Ce qu’il faut retenir sur EQT Private Equity

EQT Private Equity constitue un bon exemple de fonds où la maîtrise du LBO doit s’accompagner d’une compréhension concrète des entreprises et de leurs leviers opérationnels. Pour être crédible, tu dois savoir analyser un business model, construire une valorisation cohérente, comprendre le désendettement et défendre une thèse d’investissement malgré des scénarios défavorables.

L’expérience d’Ilyas Baba en M&A chez Lazard et Barclays rappelle un principe utile pour préparer ce type d’entretien : les recruteurs évaluent moins la récitation de formules que la capacité à structurer un raisonnement, poser les bonnes questions et relier les chiffres à la réalité économique.

FAQ sur EQT Private Equity

EQT est-il une banque d’affaires ?

Non. EQT est un gestionnaire d’actifs alternatifs. Ses équipes de private equity investissent dans des entreprises, alors qu’une banque d’affaires conseille des clients lors de fusions, acquisitions, levées de fonds ou financements.

Faut-il avoir fait du M&A pour rejoindre EQT ?

Non. Le M&A est une voie fréquente, mais le transaction services, le leveraged finance, la valuation, le conseil en stratégie ou une première expérience en private equity peuvent aussi être pertinents.

Quels indicateurs faut-il connaître pour un entretien en private equity ?

Tu dois maîtriser l’EBITDA, le cash-flow disponible, la dette nette, le levier, le TRI, le MOIC, les multiples d’entrée et de sortie, ainsi que les principaux ajustements entre Enterprise Value et Equity Value.

Pourquoi le désendettement augmente-t-il le rendement du fonds ?

À valeur d’entreprise de sortie égale, le remboursement de la dette augmente la valeur des fonds propres récupérée par les actionnaires. Le fonds détient donc une part plus élevée de la valeur totale de l’entreprise à la sortie.

Comment préparer efficacement une étude de cas EQT ?

Commence par comprendre le business model, identifie les moteurs de croissance et les risques, construis un LBO simple, teste les sensibilités sur la croissance, les marges et le multiple de sortie, puis termine par une recommandation claire et argumentée.

Continuer ta préparation

Pour approfondir ta préparation aux entretiens en private equity, consulte les ressources du site consacrées au LBO, à la valorisation, aux études de cas et aux candidatures en M&A, transaction services et banque d’investissement.