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· 11 min de lecture · Elywo

Fusion-acquisition : le guide complet pour comprendre le métier (et y décrocher un stage)

Le guide M&A : c'est quoi une fusion-acquisition, sell-side vs buy-side, segments small / mid / large cap, déroulé d'un deal du mandat au closing, organisation d'une équipe, salaires — et comment décrocher ton stage.

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La fusion-acquisitionMergers & Acquisitions en anglais, M&A pour les intimes — c’est le métier le plus convoité par les étudiants en finance, et celui qui sélectionne le plus durement. Avant de te préparer aux entretiens, encore faut-il comprendre ce que tu vas vraiment faire, comment ces deals fonctionnent, et pourquoi le marché est segmenté comme il l’est.

Ce guide est conçu pour ça. À la fin tu sauras expliquer le M&A à un cousin sans le perdre, tu connaîtras la différence entre un sell-side et un buy-side, tu auras compris pourquoi un Vendor Due Diligence existe, et tu sauras qui fait quoi dans une équipe de 6 personnes qui bosse jusqu’à 2 h du matin sur un pitchbook.

C’est quoi une fusion-acquisition ?

Une fusion-acquisition, c’est une opération où une entreprise A vend tout ou partie de son capital à une entreprise B (ou à un fonds d’investissement). Mais le M&A en lui-même, ce n’est ni acheter, ni vendre. C’est conseiller. Organiser. Négocier.

L’analogie la plus juste : le banquier M&A, c’est l’agent immobilier de l’opération. Sauf qu’au lieu de vendre des appartements, il vend des entreprises. Comme un agent immobilier, il :

  • Valorise le bien (sauf qu’au lieu d’un appartement, c’est Air Liquide ou Carrefour)
  • Coordonne les experts (au lieu du diagnostiqueur, c’est l’auditeur, le juriste, le fiscaliste)
  • Trouve les acheteurs et organise les visites (sauf qu’on parle de management presentations et de data rooms)
  • Négocie les termes du deal jusqu’au closing

Le banquier M&A ne porte donc jamais le risque économique de l’opération. Il est rémunéré sur la transaction, pas sur le résultat industriel.

Sell-side vs buy-side : les deux côtés du deal

Dans toute opération M&A, il y a un sell-side (la banque qui conseille le vendeur) et un ou plusieurs buy-sides (les banques qui conseillent des acheteurs potentiels).

En sell-side, la banque a un seul client : le vendeur. Elle prépare un Information Memorandum, organise un processus compétitif, sollicite des acheteurs, négocie le prix. Quand le deal se fait, elle touche typiquement un pourcentage du prix de transaction.

En buy-side, la banque conseille un acheteur dans une opération initiée soit par un sell-side (process compétitif), soit en proprietary (l’acheteur veut acquérir une cible précise). Elle prépare un Buy-Side Due Diligence (BDD), aide à structurer l’offre, et accompagne sur la négociation.

À première vue, ça semble symétrique. Ça ne l’est pas du tout.

Les fees du sell-side sont quasi systématiquement inférieures à celles du buy-side, alors qu’à intensité de travail comparable on s’attendrait à l’inverse. La raison n’est pas dans le temps passé mais dans le risque d’exécution que la banque accepte de porter.

En sell-side, la banque a une probabilité élevée que le deal se fasse : il y a un seul vendeur, le mandat lui appartient, et le marché est piloté par elle. En buy-side, plusieurs acheteurs se battent pour la même cible — et un seul gagnera. Si la banque n’est pas du côté du gagnant, elle repart avec zéro (le retainer, quand il existe, est généralement négligeable).

C’est avant tout une question d’espérance de gain pour la banque. Plus le risque d’aller à l’échec est élevé, plus la fee qui compense ce risque sera élevée. Garde ça en tête : si on te pose la question en entretien — “qu’est-ce que la banque cherche à optimiser au-delà du prix ?” — la réponse est toujours le risque d’exécution.

Small, mid, large cap : les trois marchés du M&A

Le M&A n’est pas un marché unique. Il est segmenté en fonction de la taille de la transaction, et chaque segment a sa logique, ses acteurs et ses banques.

Segment Valeur d’entreprise typique Banques dominantes Type de deal
Small cap < 100 M€ Boutiques régionales, banques nationales PME familiales, carve-outs mineurs
Mid cap 100 M€ – 1 Md€ Mid-market dédié (Houlihan Lokey, Rothschild), banques universelles ETI, build-ups PE, MBO
Large cap > 1 Md€ Bulge bracket (Goldman, JPM, Morgan Stanley) + élite européennes (Lazard, Rothschild) Méga-cap cotées, spin-offs, fusions transformantes

Les seuils sont indicatifs et bougent légèrement selon les sources, mais l’esprit est là. Plus tu montes en cap size, plus le deal est techniquement complexe, plus le process est long (12-18 mois en large cap contre 3-6 mois en small cap), et plus les fees absolues sont élevées (en pourcentage, c’est l’inverse).

Pourquoi ça compte pour ton stage ? Le segment dans lequel tu fais ton stage détermine la nature de ton apprentissage. En small cap, tu touches plus de deals, plus diversifiés, et tu prends plus de responsabilités tôt. En large cap, tu travailles sur 1 ou 2 méga-deals pendant six mois, tu vois un process abouti, mais ton scope est plus étroit. Aucun n’est meilleur — ça dépend de ce que tu cherches.

Le déroulé d’un deal sell-side, étape par étape

Que tu sois en pitch d’entretien chez Lazard ou en kick-off sur ton premier deal réel, le process M&A suit une mécanique standard. Voici les étapes du sell-side, qui structurent 95 % des opérations.

1. Pitch et signature du mandat. Le MD démarche le client (souvent suite à des années de relation), pitch son équipe contre 2-4 banques concurrentes. Si la banque gagne, signature de l’engagement letter qui définit la mission, les fees, le périmètre.

2. Préparation (4-8 semaines). L’équipe construit le pitch documents : teaser (1-2 pages anonymisées pour les acheteurs potentiels), Information Memorandum (IM ou Info Memo, 60-120 pages détaillées), modèle financier, management presentation, data room. C’est typiquement là qu’un stagiaire passe l’essentiel de son temps : compiler les chiffres, formatter les slides, vérifier les calculs.

3. Phase I — sollicitation et NBO. Le teaser est envoyé à une long list d’acheteurs potentiels. Ceux qui sont intéressés signent un NDA (Non-Disclosure Agreement), reçoivent l’IM complet et accèdent à la data room. À l’issue, ils soumettent une Non-Binding Offer (NBO) — une offre indicative non engageante. Le vendeur en retient typiquement 3-5 pour la phase suivante.

4. Phase II — due diligence et BO. Les acheteurs retenus font leur Buy-Side Due Diligence (BDD) : audit comptable, fiscal, juridique, IT, stratégique. Ils accèdent à des sessions de management Q&A avec l’équipe dirigeante. À l’issue, ils soumettent une Binding Offer (BO) avec un prix ferme et le Sales & Purchase Agreement (SPA) marked-up.

Ce qui est moins connu : la VDD (Vendor Due Diligence). Pratique courante en large cap, le vendeur mandate lui-même des experts en amont pour préparer des rapports d’audit. Ça fluidifie le process : les acheteurs reçoivent un level playing field d’informations auditées, raccourcissent leur BDD, et le vendeur évite les surprises de dernière minute qui font dérailler le prix.

5. Négociation finale et signing. L’acheteur préféré négocie les reps & warranties, les closing conditions, les MAC clauses, parfois un earn-out. Le SPA est finalisé. Signature.

6. Closing. Conditions suspensives levées (autorisations antitrust, financement bouclé, consents obtenus). Transfert des actions et paiement du prix. La banque touche son success fee.

Du mandat au closing, on parle généralement de 6 à 12 mois sur un sell-side bien exécuté.

L’organisation d’une équipe M&A

Une équipe M&A est structurée comme une armée. Chacun a un rôle hiérarchique bien défini, et tu gardes ton grade quand tu changes de banque.

  • Stagiaire — exécute les demandes de l’analyste, apprend vite, produit des supports simples, fait gagner du temps. C’est un pilier sous-estimé : un bon stagiaire libère 30 % du temps de l’équipe.
  • Analyst (1-3 ans) — construit les modèles, formatte les decks, écrit les sections de l’IM. C’est l’exécutant.
  • Associate (3-6 ans) — supervise les analystes, gère le contenu et la cohérence, interagit avec les clients en bilatéral. La couche intermédiaire critique.
  • Vice-President / VP (6-10 ans) — pilote le deal au quotidien, gère le client en direct, défend les options stratégiques. Le chef d’orchestre.
  • Director / Senior VP (10-15 ans) — accompagne le MD sur les pitches, sécurise les mandats en complément, prend en lead les deals moyens.
  • Managing Director / MD (15+ ans) — vend la mission, gère la relation client au plus haut niveau, sécurise les mandats. Le commercial qui ramène l’argent.

Cette structure pyramidale n’est pas négociable. Un analyst avec une bonne idée mais aucune crédibilité de signature ne porte pas le deal. Un MD avec 25 ans d’expérience n’est plus dans Excel à 23 h. Chacun à sa place.

En stage, tu travailles principalement avec l’analyste et l’associate. Tu vois le VP en réunion d’équipe et tu croises le MD à la machine à café. C’est normal.

Combien gagne-t-on en M&A ?

La rémunération en M&A est la deuxième raison (après l’apprentissage technique) qui attire autant d’étudiants. Voici les ordres de grandeur typiques à Paris en 2026, base + bonus en cumul annuel en large cap (Bulge Bracket et élites européennes — Goldman Sachs, JPM, Morgan Stanley, Lazard, Rothschild, etc.) :

  • Stagiaire : 1 200 – 3 000 € / mois (gratification)
  • Analyst 1 : 90 – 130 k€
  • Analyst 3 / Associate 1 : 150 – 230 k€
  • VP : 300 – 500 k€
  • MD : > 1 M€ (avec une variabilité forte selon les deals signés dans l’année)

En mid cap (Houlihan Lokey, Natixis Partners, Edmond de Rothschild CF), les fourchettes sont typiquement 20-40 % en dessous à grade équivalent. En small cap (boutiques régionales), on descend encore. La gratification de stagiaire en small/mid cap peut tomber à 800-1 500 €/mois.

Le bonus représente une part considérable de la rémunération à partir de l’analyste senior — souvent 80-150 % du salaire de base en large cap, payé en mars-avril sur la performance de l’année précédente. Le jour des bonus, c’est une institution dans tous les bureaux M&A de Paris.

Ces chiffres expliquent aussi pourquoi le niveau d’attente est si élevé : les salaires sont chers, les honoraires sont chers, donc le client attend que tu produises sans accroc, sans erreur de modèle, sans faute de frappe sur un teaser anonymisé.

Comment décrocher un stage en M&A

Maintenant que tu sais ce qu’on fait, la vraie question : comment y rentrer.

Le processus M&A est l’un des plus sélectifs de la finance. Pour les BB et les élites européennes, on parle de moins de 2 % d’admission pour un summer internship. Trois ingrédients à réunir, dans cet ordre :

  1. Décrocher l’entretien. Ton CV doit passer le filtre HR en 30 secondes. Ce n’est ni ton école ni tes notes qui décident — c’est la cohérence de ton parcours, tes expériences précédentes pertinentes, et ton angle de différenciation.

  2. Réussir le fit. Le fit en M&A n’est pas du small talk. C’est : pourquoi le M&A et pas le PE ? Pourquoi cette banque ? Comment tu réagis sous pression ? Comment tu gères ton temps quand tu as 4 deadlines simultanées ?

  3. Maîtriser la technique. C’est là que la grande majorité des candidats échoue. Comptabilité, valorisation (DCF, comparables, transactions), LBO, merger model, accretion-dilution, questions techniques sur les déals récents. Le banquier en face teste ta capacité à raisonner sous pression, pas ta mémoire.

Chaque ingrédient est aussi important que les autres. Maîtriser la technique sans décrocher l’entretien ne sert à rien. Décrocher un entretien sans réussir le fit ne sert à rien. Et passer le fit sans répondre proprement à la question DCF, tu repars.

Candidater au prochain bootcamp Elywo

Lire un guide M&A, c’est nécessaire — mais ce n’est jamais ce qui distingue un candidat en process. Ce qui te démarque devant un MD, c’est d’avoir réellement préparé chaque ingrédient avec quelqu’un qui te challenge sur ta technique, ton fit et ta stratégie de candidature.

C’est exactement ce qu’on fait dans le bootcamp Elywo.

Prochaine session : juin 2026 — 10 places, sur sélection.

  • 32 heures de cours en live avec un ex-Lazard / ex-Barclays
  • Construction d’un merger model et d’un DCF complets, défendus devant le groupe
  • Simulation d’entretiens en conditions réelles avec correction immédiate
  • Comptes-rendus d’entretiens internes (Lazard, Rothschild, BNP CIB, Société Générale, Crédit Agricole CIB, Houlihan Lokey, BofA, Goldman)
  • Suivi individuel jusqu’au closing de ton stage

→ Candidater au prochain bootcamp

Places limitées chaque promotion. Tarifs et calendrier détaillés sur la page Academy.


Pour aller plus loin

Le M&A n’est pas un métier qu’on comprend en une lecture. Le déroulé d’un deal, les rôles dans l’équipe, la mécanique sell-side / buy-side — tu vas y revenir à chaque étape de ta prépa. C’est en revisitant ces fondamentaux qu’on construit la conviction que les banquiers cherchent à tester en entretien.