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· 12 min de lecture · Ilyas Baba

Private equity : c'est quoi, comment ça fonctionne et comment y travailler

Le private equity, ou capital-investissement, consiste à investir dans des entreprises non cotées afin de les développer, améliorer leur performance et revendre la participation plusieurs années plus...

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Private equity : c'est quoi, comment ça fonctionne et comment y travailler ?

Le private equity, ou capital-investissement, consiste à investir dans des entreprises non cotées afin de les développer, améliorer leur performance et revendre la participation plusieurs années plus tard. Pour un étudiant ou un jeune diplômé, le private equity représente surtout un métier d’investisseur, à la croisée du M&A, de la stratégie, de la modélisation financière et du suivi opérationnel.

Un fonds de private equity ne se contente pas d’acheter une entreprise. Il doit comprendre son marché, analyser ses comptes, structurer son financement, identifier un plan de création de valeur et anticiper la sortie. C’est pourquoi les fonds recrutent souvent des profils ayant déjà acquis une expérience en banque d’affaires, en transaction services, en leveraged finance ou en conseil en stratégie.

Définition : private equity, c’est quoi exactement ?

Le private equity désigne l’investissement au capital d’entreprises privées, c’est-à-dire qui ne sont pas cotées en Bourse. En France, le terme utilisé est généralement celui de capital-investissement.

Les investisseurs institutionnels, tels que les assureurs, les caisses de retraite, les fonds souverains, les family offices ou certaines grandes fortunes, confient des capitaux à un fonds. Le fonds sélectionne ensuite des entreprises dans lesquelles il prend une participation minoritaire ou majoritaire.

L’objectif est de créer de la valeur sur plusieurs années avant de céder cette participation, par exemple à un industriel, à un autre fonds, au management ou via une introduction en Bourse.

Le rendement d’un investissement peut provenir de plusieurs leviers :

  • croissance du chiffre d’affaires ;
  • amélioration des marges et de l’EBITDA ;
  • développement international ;
  • acquisitions complémentaires, appelées build-ups ;
  • professionnalisation de la gouvernance ;
  • réduction de l’endettement ;
  • hausse du multiple de valorisation à la sortie.

Le capital-investissement est donc différent de l’investissement boursier. Un investisseur coté peut acheter ou vendre une action très rapidement. À l’inverse, un fonds de private equity immobilise généralement son capital pendant plusieurs années et participe activement aux décisions clés de l’entreprise.

Selon France Invest, le capital-investissement joue un rôle important dans le financement et l’accompagnement des entreprises françaises à différents stades de leur développement.

Comment fonctionne un fonds de private equity ?

Le fonctionnement d’un fonds repose sur deux catégories d’acteurs.

Les Limited Partners, ou LPs, apportent les capitaux. Il peut s’agir d’investisseurs institutionnels, de fonds de pension, d’assureurs ou de family offices.

Le General Partner, ou GP, correspond à la société de gestion et à son équipe d’investissement. C’est elle qui cherche les opportunités, réalise les analyses, négocie les acquisitions et assure le suivi des participations.

Le cycle d’investissement suit habituellement plusieurs étapes.

1. Le sourcing des opportunités

Le fonds identifie des entreprises susceptibles de correspondre à sa stratégie. Certaines opportunités arrivent par l’intermédiaire de banques d’affaires, d’avocats, de consultants ou de dirigeants. D’autres sont identifiées directement par l’équipe d’investissement.

Un fonds small-cap peut travailler sur des PME familiales françaises, tandis qu’un fonds international peut cibler des groupes plus importants dans plusieurs pays.

2. L’analyse initiale

Avant de faire une offre, l’équipe étudie l’entreprise : business model, marché, concurrence, croissance historique, marges, génération de trésorerie, qualité du management et risques principaux.

À ce stade, l’analyste ou l’associate construit souvent un premier modèle financier afin d’estimer le prix maximal que le fonds pourrait payer tout en atteignant son rendement cible.

3. Les due diligences

Si le fonds avance dans le processus, il mandate des conseils externes. Une banque d’affaires peut piloter la vente, un cabinet de transaction services analyse la qualité des résultats et de la dette nette, des avocats examinent les éléments juridiques et fiscaux, tandis que des consultants peuvent réaliser une due diligence commerciale.

L’objectif n’est pas simplement de confirmer les chiffres communiqués par le vendeur. Il s’agit aussi de comprendre ce qui pourrait empêcher le plan d’investissement de se réaliser.

4. La création de valeur et le suivi

Une fois l’acquisition signée, le fonds accompagne l’entreprise pendant la période de détention. Il suit les résultats, participe aux conseils d’administration et travaille avec le management sur les grandes priorités : recrutements, prix, digitalisation, internationalisation, acquisitions ou restructuration.

5. La sortie

Après plusieurs années, le fonds revend sa participation. Cette sortie peut prendre la forme d’une vente à un acquéreur industriel, d’une cession à un autre fonds, d’un rachat par le management ou, plus rarement, d’une introduction en Bourse.

Les principales stratégies de private equity

Le capital-investissement recouvre plusieurs stratégies. Les connaître est utile en entretien, car un fonds de venture capital ne raisonne pas comme un investisseur buyout.

Venture capital

Le venture capital, ou capital-risque, finance des entreprises jeunes et innovantes. Ces sociétés peuvent être déficitaires, avec peu de revenus, mais présenter un fort potentiel de croissance.

L’analyse se concentre sur la taille du marché, la qualité des fondateurs, le produit, la traction commerciale, la concurrence et la capacité à financer les prochaines étapes de croissance. Les modèles LBO y occupent une place limitée.

Growth equity

Le growth equity, ou capital-développement, cible des entreprises déjà établies qui souhaitent accélérer leur croissance, se développer à l’international ou financer des acquisitions.

Le fonds peut prendre une participation minoritaire, sans forcément prendre le contrôle de l’entreprise. Le recours à la dette est souvent plus limité que dans un buyout.

Buyout et LBO

Le buyout consiste généralement à acquérir le contrôle d’une entreprise mature et rentable. Cette transaction est fréquemment financée par une combinaison de capitaux propres et de dette : c’est le LBO, ou Leveraged Buy-Out.

Le LBO est donc une technique d’acquisition très utilisée en private equity, mais les deux termes ne sont pas synonymes. Le private equity est une classe d’actifs plus large, qui comprend aussi le venture capital, le growth equity ou certaines stratégies de retournement.

Distressed et special situations

Les stratégies distressed investissent dans des entreprises confrontées à des difficultés financières, opérationnelles ou de refinancement. Elles demandent une connaissance approfondie de la dette, des covenants, de la restructuration et des mécanismes juridiques.

Pour un junior, ce type de fonds valorise particulièrement une expérience en restructuring, crédit, leveraged finance ou M&A.

Private equity et LBO : comment le fonds crée-t-il de la valeur ?

Dans un LBO, le prix d’acquisition est financé par des capitaux propres apportés par le fonds, parfois aux côtés du management, ainsi que par de la dette.

Cette dette peut inclure de la dette senior bancaire, une dette unitranche, de la mezzanine ou d’autres instruments selon la structure de l’opération. Les cash flows futurs de la société servent ensuite à rembourser progressivement une partie de cette dette.

Trois mécanismes expliquent le rendement d’un LBO.

Croissance de l’EBITDA

Si le chiffre d’affaires augmente et que les marges s’améliorent, l’EBITDA progresse. À multiple de valorisation constant, une hausse de l’EBITDA augmente mécaniquement la valeur d’entreprise.

Cette croissance peut venir d’une hausse des volumes, d’une politique de prix, de gains d’efficacité, d’une expansion internationale ou de build-ups.

Désendettement, ou deleveraging

Le deleveraging correspond au remboursement progressif de la dette grâce à la génération de trésorerie de l’entreprise. Lorsque la dette nette diminue, une part plus élevée de la valeur d’entreprise revient aux actionnaires.

C’est un point fondamental en entretien : même si le multiple de sortie reste identique, le désendettement peut soutenir fortement le rendement des capitaux propres.

Évolution du multiple de sortie

Le fonds peut aussi revendre l’entreprise à un multiple supérieur au multiple d’acquisition. Cela peut arriver si la société est devenue plus grande, plus rentable, plus diversifiée ou plus attractive pour les acheteurs.

Ce levier reste toutefois moins maîtrisable, car il dépend aussi des conditions de marché. Un modèle LBO sérieux doit donc tester des hypothèses prudentes sur l’EBITDA, la dette et le multiple de sortie.

Les principes de valorisation utilisés dans ce type d’analyse peuvent être approfondis dans les ressources d’Aswath Damodaran, professeur à la NYU Stern School of Business.

Que fait un analyste en private equity ?

Le quotidien dépend de la taille du fonds, de sa stratégie et du nombre de participations en portefeuille. Toutefois, les missions sont assez récurrentes.

Lors de l’étude d’une opportunité, un analyste peut :

  • lire un teaser, un information memorandum et les documents de data room ;
  • analyser les comptes historiques et les indicateurs opérationnels ;
  • construire ou mettre à jour un modèle LBO ;
  • réaliser une analyse de marché et de concurrents ;
  • préparer une note d’investissement ;
  • échanger avec les conseils externes ;
  • participer aux réunions avec le management ;
  • préparer des scénarios de rendement et des sensibilités.

Après l’acquisition, l’équipe suit les participations : résultats mensuels, budget, écarts au business plan, trésorerie, niveau de dette et avancement des initiatives de création de valeur.

C’est une différence majeure avec le M&A. En banque d’affaires, le junior conseille un client sur une transaction. En private equity, le professionnel analyse une entreprise comme futur actionnaire et reste impliqué durant plusieurs années.

Quelles compétences faut-il maîtriser ?

Pour réussir un stage ou un premier poste, il faut combiner rigueur technique, curiosité business et capacité à formuler une opinion.

Sur le plan financier, un candidat doit maîtriser :

  • les trois états financiers ;
  • l’EBITDA, la dette nette et le free cash flow ;
  • l’enterprise value et l’equity value ;
  • les multiples de valorisation ;
  • les méthodes DCF et comparables ;
  • la logique d’un modèle LBO ;
  • le TRI, ou IRR, et le MOIC ;
  • les analyses de sensibilité.

La modélisation LBO ne consiste pas uniquement à relier des cellules Excel. Il faut comprendre les hypothèses opérationnelles, les intérêts, les remboursements de dette, les covenants, la trésorerie minimale et les mécanismes de sortie.

Un fonds recherche aussi une capacité à développer une véritable thèse d’investissement. En entretien, il faut pouvoir répondre clairement à plusieurs questions :

  • Pourquoi cette entreprise est-elle attractive ?
  • Quels sont les risques les plus importants ?
  • Quel plan de création de valeur paraît crédible ?
  • Quel prix peut être payé ?
  • Que devient le rendement si l’EBITDA baisse ?
  • Que se passe-t-il si le multiple de sortie se contracte ?

Comment accéder au private equity après ses études ?

L’accès direct existe, surtout en stage, mais les postes juniors permanents sont très sélectifs. Les équipes sont petites et les recrutements ciblés.

Les passerelles les plus fréquentes vers le private equity sont :

  • le M&A en banque d’affaires ;
  • le leveraged finance ;
  • le transaction services ;
  • le conseil en stratégie ;
  • l’audit financier suivi d’un passage en transaction services ;
  • les stages en fonds small-cap ou mid-cap.

Le M&A apporte une bonne maîtrise de la valorisation, de la modélisation et des processus de vente. Le transaction services forme à l’analyse de la qualité des résultats, du besoin en fonds de roulement, de la génération de cash flow et de la dette nette.

Les grands noms comme Ardian, PAI Partners, CVC, KKR, Blackstone, Bain Capital, Apax, Bridgepoint ou Eurazeo attirent beaucoup de candidatures. Mais il ne faut pas négliger les fonds small-cap et mid-cap : ils offrent parfois une exposition plus directe aux dirigeants, aux dossiers et au suivi des participations.

Conclusion : le private equity est un métier d’investisseur

Le private equity consiste à investir dans des entreprises non cotées pour les accompagner, créer de la valeur et céder la participation à terme. Dans les opérations de buyout, le LBO constitue un mécanisme central, fondé sur la croissance de l’EBITDA, le désendettement et l’évolution éventuelle du multiple de valorisation.

Pour te préparer à cette voie, la priorité est de maîtriser la comptabilité, la valorisation, Excel et la logique LBO. Une première expérience en M&A, transaction services ou leveraged finance constitue ensuite un tremplin particulièrement cohérent.

L’expérience d’Ilyas Baba chez Lazard et Barclays illustre une réalité importante des recrutements : connaître les définitions ne suffit pas. Un bon candidat doit relier ses analyses à une décision d’investissement concrète, en expliquant pourquoi acheter, à quel prix, avec quels risques et avec quel plan de création de valeur.

Prépare ton accès au private equity

Pour travailler ton LBO, ta valorisation, tes candidatures et tes entretiens en finance d’entreprise, consulte les ressources disponibles sur le site Elywo.

FAQ sur le private equity

Private equity, c’est quoi en une phrase ?

Le private equity est l’investissement dans des entreprises non cotées par des fonds qui cherchent à créer de la valeur avant de revendre leur participation.

Quelle est la différence entre private equity et M&A ?

Le M&A conseille des clients dans le cadre d’acquisitions, de cessions ou de fusions. Le private equity investit les capitaux confiés par ses investisseurs dans les entreprises qu’il sélectionne.

Un LBO est-il toujours du private equity ?

Non. Le LBO est une structure d’acquisition financée en partie par la dette. Il est très utilisé par les fonds de private equity dans les buyouts, mais le private equity inclut aussi le venture capital, le growth equity et d’autres stratégies.

Peut-on travailler en private equity juste après une école de commerce ?

C’est possible, notamment via un stage ou dans certains fonds small-cap. Néanmoins, de nombreux fonds recrutent des profils ayant déjà une expérience en M&A, transaction services, conseil en stratégie ou leveraged finance.

Quelles questions reviennent en entretien de private equity ?

Les recruteurs peuvent demander d’expliquer un LBO, calculer un IRR, commenter une entreprise ou un secteur, présenter une transaction passée, réaliser un test Excel ou défendre une thèse d’investissement.